En tuk-tuk, en vélo, en cyclo-pousse,
en moto, en bus, en camion, en pick-up, en 4x4,... sur les
routes.
Mais aussi, sur eau et rail, 2 types de
transports très locaux et typiques.
Sur rails par le bamboo train, le train
classique n'étant pas ouvert aux passagers (en ce moment). Sur
eau par le bateau (ou bien dois-je appeler ça une barque
améliorée ?) Toujours très utilisés par les
Cambodgiens, ces 2 types de transports restent des moyens
rustiques et authentiques.
Et pour un touriste, ça reste donc un peu une aventure avec
des émotions partagées entre la découverte et la peur
!
LE
BATEAU
Le voyage commence magnifiquement
à 8h. Réellement il commence la veille avec l'achat du billet, un
de ces fameux billets cambodgiens comme ils savent faire,
très joli. Et puis, le bateau semble confortable. Ce
matin à 6h30 un minibus bondé vient nous chercher pour
rejoindre le port. Nous sommes les "lucky ones" car les
dernières à être ramassées.
Et nous avons donc le droit
d'être entassées avec le chauffeur, plutôt qu'à l'arrière sur les
genoux des autres passagers. Arrivée au port, nous ne
reconnaissons pas le bateau (du billet). Mais où est-il ? En fait
un peu plus loin, en train de partir pour... Phnom Penh à 230 km de
là. Et ce n'est donc pas celui-là que nous prendrons. On
nous fait embarquer plutôt dans une grosse barque à fond plat,
avec un pont et des bancs en bois,
étrangement similaires à celles
empruntées les jours précédent pour visiter les forêts
inondées et les villages flottants. Légèrement plus grand
et un peu amélioré, les chaises étant remplacées par des bancs
en bois fixes et le moteur un peu plus puissant. Et c'est donc dans
cette barque que nous ferons les 70 km à vol d'oiseau de Siem Reap
à Battambang.
Avant le départ,
quelques négociations sympathiques avec les porteurs
- y'avait juste 20 mètres à faire - et les vendeurs de
fruit et pain pour le trajet, suivi de 30 minutes d'attente
d'autres passagers. Nous avons donc eu le temps de choisir
précautionneusement le
meilleur banc en bois que nous pouvions trouver, côté
ombre.
De Siem Reap à Battambang, pour moi ce fut un vrai périple. Un
peu comme une épopée... avec de l'action et des gens.
Tranquillement, au sud de la colline Khrom, nous traversons des
espaces qui doivent surement ressembler à des
champs ou des rizières quand
l'eau est plus basse pour rejoindre la forêt inondée plus à
l'Ouest. Nous y déposons une de nos passagères et ses gros
sacs de riz. Nous empruntons une artère de forêt très jolie. Je
monte sur le pont pour profiter à fond de la
vue paisible, hérons, cormorans et
collines.
Soudain, l'artère débouche sur la partie large du lac. La forêt
disparait complètement. Magnifique aussi. Le lac est tellement
grand que nous ne voyons pas la rive opposée.
Nous croisons quelques bancs d'oiseaux. Et nous prenons de la
vitesse. Les vagues deviennent de plus en plus hautes. Le
bateau se met à pencher. Un touriste (malintentionné ?) s'amuse à
passer de droite à gauche pour prendre des photos. Le bateau,
petit, réagi aux déplacements de personnes. J'ai peur ! Maman, je veux descendre
!
C'est à ce moment là que le
jeune marin d'eau douce (le capitaine restant accroché à son
gouvernail), nous fait descendre. Ouf ! je me sens un peu
mieux en bas et j'ai moins de chance de passer par dessus bord. Un
petit mal de mer qui passe en regardant bien au loin. Il paraît que
ces bateaux ne respectent pas les normes de sécurité européennes.
Effectivement je repère les gilets de sauvetage : ils sont au
nombre de 20. Et nous sommes déjà 25 passagers. Les
vagues sont énormes. Il y a en même une qui a bien failli rentrer.
Pas dur vu que nous sommes presque à raz de l'eau. Mais le marin a
réussi à l'éviter. Ouf !
40 minutes de traversées et nous
avons rejoint, non notre point d'arrivée, mais la forêt inondée de l'autre côté où les vagues ne
rentrent pas. Soulagement.
De nouveau des artères de forêt. A chaque village, nous sommes
accostés par des barques. Les conducteurs ou pagailleurs ont tous
les âges.
Ils nous amènent à chaque
fois de nouveaux passagers. Cette fille en tailleur, va-t-elle
travailler en ville ou part-elle faire des études? Cette famille
avec cette petite fille très sérieuse, vont-ils rejoindre le papa
qui n'est pas avec eux ? Et ce militaire, était-il en permission ?
Ce sont des grandes embrassades avec ceux qui restent sur la barque
et de grands signes d'au revoir avec ceux entassés dans la maison
flottante au loin.
Les valises et sacs sont chargés et entassés soit sur le pont
soit dans les allées du bateau.
Sur une artère, 2 groupes d'enfants vont la course, des ado et
des petits. Tous pagaient activement, filles et garçons. Ils y
croient ! Et partent dans de grands éclats de rire à notre
passage.

Au bout d'une heure de plus, nous sommes au moins 40 ou 50
passagers. Mais la suite devrait être plus calme.
Les artères se rétrécissent de plus en plus. Très très etroites.
Tellement étroites, que nous y rentrons à coup de trompe de
bateau pour que les plus petites barques se rangent entre les
arbres pour nous laisser passer. Un peu comme sur une
route sinueuse à une voie de montagne. Et tellement étroite
que nous prenons dans la figure toutes les branches d'arbres.
Impossible de sortir la tête pour
faire des photos. Nous devons même fermer pour un temps les rideaux
pour ne pas nous faire défigurer par les branches qui nous
fouettent. La trompe est maintenant en continue. Je serre les fesses mais je crois que ça ne sert à
rien. Le capitaine navigue sans visibilité car les artères
tournicotent. L'allure est largement réduite.
A 11h nous croisons le bateau qui
fait le trajet inverse. Est-ce que ça veut dire que nous avons
encore 3heures de trajet ?
A 11h45, le moteur du bateau (et sa trompe) s'arrête, amarré à
une maison flottante de type épicerie. C'est l'heure du
déjeuner pour le capitaine.
Et nous comprenons qu'il vaut
mieux que nous mangions aussi, comme le font nos nouveaux
passagers. Riz chaud et plat chinois dont on peut
y reconnaître du choux fleur, des herbes vertes et de la
viande.
Jolie pagode sur pilotis à toit un
peu orthodoxe. Quelques villages de plus, quelques passagers de
plus.
Un peu plus loin nous rejoignons
des villages encore plus pauvres. Les maisons semblent encore plus
succinctes, faites de sacs plastiques à même le plancher et ce
ne sont pas des villages organisés, avec école ou épicerie.
Devant chaque maison, des filets de pêches
accrochés à des systèmes ingénieux à bascule (un carrelet
?). Ou bien des filets de pêche dont on aperçoit le contour grâce
aux bouteilles en plastiques qui servent de bouchons.
Et nous entrons dans une sorte de delta de fleuve. En plus des
méandres, il faut tournicoter et tournicoter pour éviter les
filets dans l'eau, les barques qui passent, les gens qui se lavent
ou se baignent.
Les berges commencent à monter.
Nous avons vraiment quitté le lac. Je crois que sommes sur la
rivière Sangker. Nous semons les passagers petit à petit sur les
rives à des semi-escaliers. Les berges sont de plus en plus hautes
et font bientôt entre 3 et 6 mètres de haut.
15h - nous sommes enfin arrivés à
Battambang. L'embarcadère est de fortune. En haut, pour éviter
la cohue, les porteurs, chauffeurs de tuk-tuk et taxi sont
retenus par 2 barrières qu'ils n'ont pas le droit de passer avant
que chaque passager ait récupéré ses bagages remontés du bateau par
les marins.
Je suis épuisée/vidée par ces 8 heures éprouvantes de bateaux,
et finit dans la chaleur moite de ce côté-ci du lac ! Et tout ça
pour avoir fait environ 70km à vol d'oiseau. Je commence la visite
de Battambang par 2 heures de sieste à l'hôtel.
C'est sûr, même si le bateau vers Phnom Penh est
plus gros, nous n'irons pas à Phnom Penh en bateau... mais en bus
par la route 5 !
LE
BAMBOO TRAIN
Une autre expérience. Moins éprouvante
heureusement. Au sud de Battambang.

Train : car ce sont bien des
rails qui partent tout droit vers le sud, légèrement
Sud-Est, et je crois comprendre, par la vue Satellite, jusqu'à
Phnom Penh. Elles desservent d'hypothétiques
gares. Réellement, elles desservent des maisons isolées
et des sorties de champs. Sur ces rails, des plateformes
qui se montent, à la demande, sur 2 essieux.
Bamboo
: car tout au début c'était avec un long bâton de bambou qui
faisait avancer le schmilblick.
Quel vacarme
! A fond sur ces petits rails pas
forcément toujours très bien alignés (juste un petit peu
peur de dérailler, mais à priori y'a
pas de raison, les roues en féraille étant bien larges pour
compenser le non alignement), les roues de notre plateforme
claquent à chaque passage de rails avec un bruit de
tonnerre. Et aujourd'hui le bambou a disparu pour faire place
à un petit moteur de tondeuse à gazon.
Nous roulons au milieu des champs
de riz, notre propre champs de vision est limité par les
hautes haies qui bordent la voie. 30 minutes à fond
jusqu'aux prochaines
habitations à 6km de là. Nous y trouvons une fabrique de briques que nous visitons rapidement.
Rapidement entourées d'enfants
. La
plus petite qui marche à peine, à déjà compris que les touristes
veulent rentrer dans les hautes cheminées et me montre le chemin
avec son petit doigt boudiné lorsqu'elle me croit perdue. Trop
mignon !
Nous n'irons pas jusqu'à Phnom Penm mais faisons demi-tour.
D'autres plateformes nous précèdent.
Et
que fait-on quand on croise
une autre plateforme ? Il faut démonter
la plateforme moins chargée, laisser passer et remonter
dernière. Le démontage se fait en 4
étapes : décharger passagers et leur bagages, enlever
le moteur, deplacer la plateforme, retirer les 2 essieux. Pour
faire demi-tour, c'est pareil.
C'est
vraiment ingénieux. Facile, mais surement fatigant pour les
conducteurs. Je n'ai pas testé pour savoir si c'est lourd. Surement
un peu.
Au retour, nous prenons une mère, ses 2 enfants et son sacs (de
riz ?).
Le long de la voie,
beaucoup de marcheurs profitent de cette tranchée.
On ne risque pas de les écraser, vu le bruit qu'on fait, il ne leur
faut pas longtemps pour comprendre qu'une plateforme arrive et
s'écarter dans les broussailles. A moins qu'ils ne fassent de
grands signes pour nous arreter et monter à bord.
12 km aller-retour seront tout de même bien suffisants pour nos
fesses et profiter du paysage et de l'ambiance, même assis sur des
coussins à disposition pour les touristes. Les autres passagers
devront se contenter de s'asseoir en tailleur serrés les uns contre
les autres à même le bambou.
Magnifique promenade à faire plutôt
tôt le matin ou en fin de soirée pour éviter le soleil ardu de
la journée.
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