Les missions à l'étranger, c'est Métro, boulot,
dodo ? Non c'est plutôt avion, boulot,
boulot ! On dort quand c'est fini, mais ce n'est jamais fini
avant de partir ! D'où la duplication du "boulot". Un avantage tout
de même, on travaille avec les locaux et ça c'est super
. Mais aujourd'hui, je n'en fais plus, de déplacement chez le
client et j'en suis bien contente.
Voici quelques-uns de mes déplacements qui furent à mes yeux mémorables.
Décembre 2005 - 5 jours à Courtrai
Petite ville de province de la Belgique, petit centre-ville joli, que je n'aurai vu que la dernière heure avant de rentrer grâce à l'appel du chocolat Léonidas, ramené en paquet, dans le deux sens du terme ! Huuumm, parfait pour Noël qui arrive dans deux semaines. Et des bières aussi par caisses entières - qu'on m'a (re)commandées.
Hôpital tout blanc, salle serveur aseptisée aussi. Clients pas chiants et patients. Pas grand chose à faire le soir, nous restons à l'hôtel où les repas sont bons (quand nous avons le temps de les prendre) !
Avril 2006 - Intervention catastrophe dans le nord de la Suède, conté de Norrbotten.
"Tu veux bien y aller ?" me demande mon chef ? "Biensur ! Week-end de Pâques, c'est pas ça qui m'arrête." lui répondis-je en ce temps-là.
Jeudi matin, je récupère un badge pour rentrer dans l'hôpital, le dernier collègue Suédois pas encore parti en long week-end me fait visiter les lieux. Un hôpital à 20 minutes de la ville. Ultra moderne, des codes et des badges. Tout neuf. Immense. Perdu au milieu de la forêt. Dans les ascenseurs, le niveau le plus bas n'est pas un niveau négatif, mais est marqué 1. Pour sortir, facile cependant, il suffit d'appuyer sur le gros bouton vert.
Aujourd'hui j'ai encore le droit de manger, le restau est ouvert ;)
Vendredi : tout est fermé. Heureusement (ou malheureusement pour eux) quelques patients circulent. Par contre à minuit, je me sens bien seule. Je force mes collègues américains à rester en ligne avec moi tout du long. Il faudra pourtant à un moment donné que je sorte de ma salle barricadée. Pour en rejoindre une autre. Le vent ne souffle pas dans le couloir, c'est bien isolé, mais il n'y a pas un bruit. Ou plutôt si, il y a des bruits. Je ne sais pas d'où. 5 minutes. Qui me paraissent une éternité pour rejoindre l'autre salle, pendant lesquels j'ai le temps d'imaginer des loups garous venant tout droit de la forêt et crevant les épaisses fenêtres. Ou bien encore, un malade détraqué caché derrière un recoin. Tout transpirante et tremblotante, je m'enferme dans l'autre salle.
Je prends un taxi à 3 heures du mat pour rentrer en ville. Des
jeunes dans les voitures passent et repassent. Ils boivent. Les
chauffeurs de taxis m'expliquent le fléau de l'alcool ! Beaucoup
sont souls
Les temps n'est pas au beau, il n'y aura pas d'aurores
boréales. Dommage ! Le taxi me dépose SUR le trottoir, au pied de
l'entrée pour l'hôtel. Sans doute pour éviter au maximum le froid
qui glace les os. Et les risques de glissades.
Client ? Aucune idée, je n'en ai pas vu, l'hôpital était désert.
Peut-être sympa, peut-être pas...
Samedi matin : j'ai deux heures pour visiter Luléa. Incroyable : la
mer est gelée. Je vais évidemment marcher dessus. En avril, la
couche supérieure commence à fondre et je me mouille les pieds.
Mais j'ai marché sur la mer gelée
!! Avec les camions et les voitures. La
ville sous le soleil brille de mille feux grâce aux tôles ondulées
de toutes les couleurs des maisons. Sur le front de mer,
l'architecture est plus moderne. Ca simple bien conçus, pratique et
design à la fois. Un peu comme chez Ikea ;)
Je fais le tour de la ville en 2 heures. En passant par le parc. Une ancienne expo de sculpture sur glace est en train de fondre doucement et j'aperçois vaguement les anciennes formes sans vraiment deviner ce que ça pouvait être. Des familles emmitouflées dans leur manteau, gants et bonnets se préparent un barbecue. Ici pas la peine d'attendre l'été pour en faire, car la température ne montera pas à plus de 18 degrés pour les bons jours.
18 septembre 2006 - Pavia en Italie
1h30 de route plein Sud de Milan. Nous avons au passage fait le check-in à l'hôtel. Petite ville, grand hôpital. La salle serveur est tellement petite, que nous nous installons en partie dans les toilettes handicapés à côtés pour travailler. 3 jours sur le site sans en sortir. Les lits de l'hôpital ne sont pas mal. S'il n'y avait pas eu le froid, j'aurai pu dormir genre 2 heures. Au départ pour l'aéroport, je passe payer la chambre d'hôtel que je n'ai pas utilisée !
26 mars 2007 - Palerme en Sicile (non non pas l'Italie)
C'est un autre monde. Mi-italien,mi-africain. Un autre mode de vie ici. Pour la conduite, il faut être plus rusé qu'autour du rond-point de l'Etoile à Paris. A l'hôpital, la salle serveur est sous les toits (il y fait chaud). Peut-être exception à la règle. Il fait trop bon dehors, on y mange tellement bien qu'il n'est pas question de ne pas sortir pour manger. Le rythme est plutôt cool. A 17h30 on m'informe qu'il serait temps que je pense à partir. Je vais largement avoir le temps de profiter de Palerme !
22 octobre 2007 - Ankara Turquie
Pourquoi Ankara me direz-vous. Pas pour le tourisme. Non pour le boulot.
Suite à Istanbul en Mai qui m'avait énormément plu, j'avais
contacté mon ex-chef qui est parti dans ces régions pour lui faire
savoir que je serais prête à toute mission en Turquie. Et voilà que
6 mois après il pense à moi (il est bien cet ex-chef
) pour une semaine à Ankara. "La semaine prochaine ?" "Ouf !
Dur, dur, là comme ça ? Je ne peux même pas y passer les week-end,
j'avais des trucs de prévus pas annulables." C'est pas grave je
pars quand même. Voyage éclair, voyage tout de même, c'est ma
devise
.
Premier aperçu : l'aéroport tout neuf et énorme !!
Super beau. Super grand. Grande verrière verte pour nous
accueillir.
Contraste : 4 avions sur la piste. 5 douaniers et 150 passagers
au total pour l'avion qui vient d'arriver (le mien). Grande
sensation de vide. Je pourrais compter facilement les gens qui
attendent les passagers à la sortie de la douane. Y'a pas foule,
genre 15 personnes ! Ça me fait tout bizarre après Charles De
Gaulle et l'aéroport de Munich.
Et c'est génial, on n'a pas pris de bus, pour faire le tour de
l'aéroport, on est sorti direct dans le hall. Ma collègue Selda est
venue me chercher.
Un bus (pas cher mais bien) nous emmène pour le centre. La sortie de l'aéroport se fait directement sur une 4-voies aménagée de pelouses et arbres chétifs au milieu. Puis nous longeons des routes pas (peu ?) entretenues, plus d'arbre ou très peu. Il fait très chaud en été et il ne pleut pas beaucoup m'explique Selda. 1 heure pour arriver au centre en plein après-midi.
De l'avion j'avais aperçu des champs mais en s'approchant de la ville, les espaces libres ne sont pas cultivés et semblent à l'abandon. Ça me fait penser à des banlieues des années 40 comme on peut le voir dans les vieux films.
Ville étrangement bizarre ! Vieille et moderne à la fois. Comme
si les gens étaient riches et le gouvernement pauvre (malgré les
40% d'impôts payés par les travailleurs - On me dit que ces impôts
sont "mangés") ?
Les immeubles sont neufs, les voitures sont modernes et neuves (en
passant de l'Alfa Romeo à la BMW), les hôpitaux privés sont neufs,
mais les rues, les hôpitaux publiques sont vieux, pas rénovés, la
voirie en mauvais état, les bus publiques très anciens,...
J'ai parfois l'impression fugitive d'être dans une ville en guerre. Bien que je n'ai jamais vu de ville en guerre.
2 petites lignes de métro... qui croissent petit à petit. Anecdote : Par curiosité j'ai demandé un plan du métro, pour voir. Un de ces plans que l'on peut obtenir partout à Paris quoi ! Ca a bien fait marrer ma collègue.
"Pourquoi faire ? Il n'y a que 2 lignes."
"Ben pour me diriger, pour savoir où je pourrais aller avec, pour ... je n'sais pas moi, toute utilité qu'un plan peut avoir quoi !!"
"Pour voir un plan il suffit d'aller dans une station
" (sous-entendu, payer le billet, descendre dans le profondeur et
regarder un plan sur le mur)
J'ai fini par la persuader de demander à un guichet. Effectivement
ça n'existe pas. Gentillesse turque oblige, un des messieurs du
bureau s'est précipité en dehors de son guichet en nous proposant
de nous en dessiner un !!! Ou de nous aider à nous diriger. Euh !
Non c'est juste pour savoir. Mais merci quand même. Ma collègue a
rigolé pendant au moins 1/4 d'heure encore que j'ai demandé ce
plan... Bon, va comprendre.
Collines assez raides fait de villages anciens, vieillots, ou
villages modernes. Les modernes sont reconnaissables par leurs
grosses maisons carrées de 5 pièces par 5 pièces, 4 à 6
étages.
Pas blockhaus car asymétriques, balcons, pas balcon, toits à 2
pentes, 4 pentes ou multitudes de pentes. Vertes ou rouges. Tôles
ondulées ou tuiles. Façades jaunes pâles ou blanches en
générale. De temps en temps des décorations florales sur les
façades.
Ce qui donne un aperçu sur les collines très joli.
Ces grosses maisons est le modèle utilisé depuis un certain temps. Qui apparemment va perdurer. Bon point.
En regardant sur Google, on voit bien que Ankara est bien
organisée (d'ailleurs il faut chercher "Ancara" et non pas
"Ankara", car à Ankara on n'y trouve qu'un tout petit village).
Apparemment c'est dû à l'architecte des années 40 qui a refondé la
ville, alors que la ville comptait 30/40000 habitants et prévoyait
y accueillir 300 000 habitants. Avait-il été traité de mégalomane à
l'époque ? Il avait vu large mais bien moins large que ce
qu'il fallait pour aujourd'hui. 5 millions d'habitants. Mais
son organisation a tenue.
Le centre-ville pourrait ressembler à notre Champs Elysées. Une
4-voies séparée par de petites fontaines. Le long de cette 4-voies,
de belles boutiques, un jardin au bout, un espace piéton, ...
Que manque-t-il pour que ce ne soit pas un Champs Elysées ? Un peu
d'organisation, moins d'embouteillages, un peu plus de classe dans
le béton ?
Un soir enfin, on dîne dans ce fameux centre-ville. Ça fait 3
jours que je le traverse à donf en taxi, que je pousse des cris
(enfin bon je me retiens car je ne veux pas vexer les chauffeurs)
quand ils passent à 3 millimètres des piétons qui traversent
n'importe comment (de toute façon il n'y a aucun passage clouté,
seulement quelques ponts à distance très éloignée), à 3 millimètres
des autres voitures qui évitent ces fameux piétons. Aujourd'hui le
taxi nous y dépose. Et on fait comme ces piétons on traverse
n'importe comment (j'ai dû insister avec ma collègue car elle, elle
voulait qu'on aille chercher le pont, elle a vécu 5 ans en
Allemagne, ça a dû déteindre. Moi j'ai dit "Pas question". Bon
j'exagère, le prochain pont est à 15mètres, mais je veux faire
comme tout le monde).
Et là, je profite enfin de ces quelques rues piétonnes que j'ai
entre-aperçu en flèche. "Burger King ?" me propose ma collègue en
l'apercevant au premier coin de la première rue. Quoi ? Non surtout
pas. Et heureusement que j'ai insisté
En fait, ce sont plein de rues piétonnes, parallèles à la fameuse
rue. Superbe ce quartier plein de vie ! Peu de restaurants
effectivement, mais beaucoup de boutiques ouvertes jusqu'à 22h, de
cafés où on joue au Backgammon à tire larigot (on s'y est arrêté
pour faire 3 parties et boire un chocolat chaud), de librairies, de
cafés-librairies, de vendeurs à la sauvette.
Pas trop d'activités ici me dit Selda, par rapport à Istanbul. Y'a des cinés, (3 rien qu'au centre-ville) et puis tous ces cafés. Mais pas de pub ou de casino. Les collègues trouvent que ce n'est pas drôle de vivre ici.
Si l'infrastructure était entretenue et quelques arbres
étaient plantés, je dirais que cette ville serait très jolie
et agréable.
Super sympa, "soft". Sécurité top. On a même laissé les clés de la
voiture à un gareur pour garer la voiture avec tous nos ordinateurs
dedans. Pas de risque me dit-on. Suis-je parano en France ?
Riz : impossible d'en avoir. Ça doit être très cher ? Ici, ils
mangent du blé concassé en forme de riz. Et beaucoup de légumes
frais, salade, tomates, carottes, choux. Servi automatiquement,
même si vous ne le demandez pas. Le premier soir, j'en suis tombée
malade, j'ai passé la nuit aux toilettes et j'épargne les détails
Le lendemain à l'hôpital (pour le boulot), je suis contente
que le plus gros soit parti, car les seules toilettes vraiment
utilisables (trop sales, bouchées, fermées, sont à un autre étage
dans un autre bâtiment et dont il faut demander la clé avant,
c'aurait été la catastrophe !)
La langue : super dure. je n'arrive pas à retenir les mots de base comme merci, bonjour ou au revoir !!! Et encore moins à les prononcer. A part "galut" (salut), mais même celui-là, j'ai du mal à le dire.
Mon hôtel : comme je l'avais remarqué pour Istanbul, les hôtels ne sont pas chers. Mes collègues ici m'ont réservé un 5*. Piscine, centre de massage, hammam, téléphone dans la chambre ET dans la salle de bain ET dans l'ascenseur.
Je n'ai rien retrouvé d'Istanbul, à part la gentillesse des gens
et le rythme de vie. Je classerai l'ambiance de "soft". On ne
ressent pas d'agressivité dans la rue, pas d'insistance pour vendre
des choses. Une patience agréable, ce qui n'est pas du tout latin

Je me sens pas du tout "étrangère" comme je l'ai ressenti déjà dans d'autres pays musulmans. En tant que blonde-châtain, je me fonds facilement dans la masse latine de physique. A part quand je commence à parler anglais. Là les gens se retournent car peu de gens parlent anglais ici (ni les chauffeurs de taxi, ni les réceptionnistes de l'hôtel 5*). Mais en regardant les gens dans la rue, je crois reconnaître partout mes collègues français, mes amis français,.... Même type de physique, même mode vestimentaire.
4h20 du mat, départ pour l'aéroport. La ville a un aspect très
différent. Nous traversons les quartiers désertés. Nous descendons
les pentes de San-Francisco, euh ! Non, d'Ankara à toute
vitesse. 12 minutes, montre en main pour passer devant
l'hôpital au lieu d'une heure dans la journée. Les collines sont
marquées par les lampadaires sporadiques. Et la pleine lune
qui brille.
L'aéroport est déjà assez actif. Sont prévus pour la journée 26
avions en partance entre 6h20 et 22h20 pour l'étranger. Dont 13
pour l'Allemagne, 1 seul pour la France, Paris. Et ce n'est pas le
mien.














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